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G7 : faut-il aligner les politiques sur le numérique ?

G7 : faut-il aligner les politiques sur le numérique ?

Dans la perspective du Sommet du G7 de Biarritz, Syntec Numérique, Tech in France et l’AFNUM, réunies au sein de DIGITALEUROPE, invitent les leaders politiques à se concentrer sur deux défis majeurs de la transformation numérique : garantir des rapports de confiance dans les flux de données d’un Etat à un autre et assurer un développement éthique et responsable de l’intelligence artificielle.

A l’instar du premier ministre japonais à Davos en janvier dernier, l’industrie numérique mondiale préconise aux Etats la mise en place d’un système de « Data Free Flow with Trust » (DFFT), c’est-à-dire d’un système de circulation des données basé sur la confiance et la collaboration, facteurs clés d’une croissance mondiale pérenne.

A cet effet, cinq recommandations ont été formulées par les organisations du secteur :

-       Faciliter la libre circulation des données à travers les frontières et renforcer la confiance.

-       Etendre les mécanismes de protection de la vie privée afin de garantir l’interopérabilité internationale, la neutralité technologique, la transparence et des pratiques responsables en matière de traitement des données, conformément aux directives de l’OCDE sur la protection de la vie privée et sur les flux transfrontaliers de données personnelles.

-       Garantir des moyens de cybersécurité sans faille, dès la conception, en permanence, et en tout lieu, en mettant en place des normes internationales et des bonnes pratiques communes élaborées par les acteurs du secteur numérique.

-       Protéger les consommateurs et les citoyens contre les activités commerciales frauduleuses ou trompeuses sur Internet grâce à une coopération des différents organismes nationaux en charge de cette protection.

-       Assurer une régulation transparente des flux de données et soutenir la concurrence et l’innovation, tout en protégeant la propriété intellectuelle (y compris les codes sources, les clés de cryptage, les algorithmes et les nouvelles technologies, en particulier l’intelligence artificielle).

« Grâce à la circulation des données, en toute confiance, des technologies de pointe telles que l’internet des objets, l’intelligence artificielle, la robotique, la blockchain, etc. transforment nos économies et nos sociétés sous tous leurs aspects : santé, agriculture, mobilité, énergie, environnement, industrie, éducation, etc. », soulignent les associations.

Les organisations appellent en outre les gouvernements à faire porter leurs efforts sur la formation, y compris en reconversion, ainsi que sur le soutien à un développement éthique et responsable de l’IA. Ses applications, dans des domaines comme la consommation d’énergie, le changement climatique ou la santé, contribueront à améliorer la qualité de vie de chacun.

Pour cela, les acteurs du secteur ont formulé quatre recommandations :

-       Communiquer et aligner les approches et les politiques relatives aux conduites éthiques, y compris les travaux effectués au niveau national, de l’OCDE et de l’Union Européenne lors du sommet du G7. L’objectif est d’assurer une conception et un déploiement éthique et responsable des systèmes d’IA, notamment en s’attaquant aux mécanismes de sécurité, en utilisant des données vérifiées et représentatives, en promouvant la transparence et en permettant une plus grande interopérabilité.

-       Soutenir le développement et l’utilisation de standards mondiaux communs et conçus par des acteurs du secteur en vue de favoriser l’interopérabilité et un accès non-discriminatoire au marché et à l’innovation.

-       Faciliter l’usage des données et leur accès sous un format ouvert et utilisable pour des applications d’IA, en vue de susciter l’innovation et la compétitivité, et de stimuler les opportunités pour les PME.

-       Promouvoir la coopération dans les domaines de la recherche et de l’innovation pour soutenir les compétences numériques des jeunes générations et des actifs ayant besoin d’acquérir de nouveaux savoir-faire. La mise en place de programmes permettant l’échange de chercheurs entre universités faciliterait également de nouvelles formes de coopération et la possibilité de développer des solutions d’IA pour une société durable.

« Une politique de la donnée ambitieuse, favorisant la confiance et permettant l’accès, le partage et la circulation d’une plus grande masse de données, est la première clé pour que l’intelligence artificielle soit à la portée de tous. Cela permettra le développement d’applications dans tous les secteurs : du développement durable, de la santé, de la mobilité, etc., avec des gains formidables pour notre croissance. Mais cela suppose aussi que nous renforcions notre système de formation, pour orienter vers les métiers de demain, à la fois des jeunes et des publics en reconversion. Et c’est là, selon nous, qu’il faut accentuer encore les efforts » explique Godefroy de Bentzmann, Président de Syntec Numérique.

Pour Pierre-Marie Lehucher, Président de Tech in France, « Que ce soit en matière de circulation des données ou d’intelligence artificielle, nos industries attendent des Etats qu’ils développent des synergies communes de promotion de l’innovation et s’impliquent le cas échéant dans des démarches davantage concertées d’élaboration des régulations nécessaires. »

De son côté, Georges Karam, Président de l’AFNUM, estime que « l’accès facilité à des données fiables pour alimenter l’apprentissage des machines, associé à la voie éthique qui a été choisie par l’Europe et par la France, représentera à terme un véritable avantage compétitif dans l’échiquier des politiques mondiales d’intelligence artificielle. Cette approche contribuera à ouvrir des perspectives innovantes dans de nombreux secteurs essentiels pour la société dans son ensemble (environnement, médical, sécurité routière…), tout en permettant le respect des droits fondamentaux de chacun. Le développement d’un système vertueux favorisera également l’émergence de nouveaux emplois en créant ainsi de nouvelles opportunités à la fois de formation initiale et de formation continue. »

 

La rédaction

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